ANAÏS GRUSS

NOLENÇA

QUELLES SONT LES RAISONS QUI T'ONT POUSSÉ À DÉMARRER TON ENTREPRISE ?

Au départ de Nolença, il y a trois facteurs essentiels : l’envie d’entreprendre, une rencontre exceptionnelle et un échec douloureux. Comme souvent, ce sont les moments difficiles qui nous ouvrent les plus belles portes quand on sait saisir les opportunités qui se présentent… 

J’avais toujours imaginé que je monterai ma propre société le jour venu, mais je ne sentais pas d’urgence et j’avais envie de gagner en expérience. Puis, la vie a fait ce qu’elle sait bien faire, et m’a poussé à revoir complètement mes projets : après 3 ans passés à Londres, je suis partie avec mon mari à Genève pour le travail, mais les quelques mois passés sur place n’ont été qu’une suite de souffrances, et nous avons fini par tout quitter pour recommencer d’une page blanche à Paris. Nous n’avions plus d’emploi, étions fatigués de ces semaines de lutte, mais nous étions heureux de nous retrouver face à nous-mêmes et d’avoir l’occasion d’écrire quelque chose de nouveau, qui nous ressemblerait davantage.

C’est là que je me suis dit que c’était le moment idéal. J’avais la chance de ne pas devoir décider de quitter mon poste pour lancer ma boîte, c’était déjà fait et il fallait reconstruire autour d’un projet fort. J’avais mille envies et idées à travailler, mais une un peu plus précise qui vivait dans le fond de mon esprit et prenait forme maintenant que l’espace était créé… Une fois mon projet un peu réfléchi, j’ai réalisé que je ne voulais pas me lancer seule, et j’ai ainsi contacté Laurie. Nous nous étions rencontrées en 2015 à Londres, puis nous nous étions suivies à Genève, en développant un lien unique entre relation de travail et profonde amitié. La vie avait semé au fil des années et de nos expériences tout ce qu’il fallait pour que nous puissions dessiner ce nouveau chemin ensemble.

Laurie : « De mon côté, j’avoue que je ne m’étais pas du tout destinée à un avenir entrepreneurial. Mais après l’une ou l’autre premières expériences en entreprise, il était clair que le chemin auquel je pensais ne fonctionnait pas pour moi. Lorsqu’Anaïs est venue à Bruxelles avec ce fantastique projet en tête, je rentrais tout juste de Genève et autant vous dire que niveau job, il n’y avait pas grand-chose qui me tentait. J’ai donc tout de suite dit oui pour en faire partie, sans aucune hésitation. Aujourd’hui, on peut dire que c’est clairement devenu le projet de notre vie. Jamais je ne remercierai assez la vie que nos chemins se soient croisés. »

Convaincues qu’il fallait faire bouger les lignes du monde du parfum, et que nous avions envie de vivre à deux cette aventure pleine d’obstacles, mais aussi de rire, le lancement de Nolença s’est décidé autour d’un excellent repas italien à Bruxelles il y a maintenant un peu plus de deux ans 😊

 

PARLE-NOUS DE TON ENTREPRISE :

Nolença, c’est une marque de parfums lifestyle et engagée, qui ré-enchante l’olfactif.
Nous avions deux constats majeurs en tête en débutant notre travail sur Nolença :


- aucune marque ne proposait des parfums experts, développés par de grands parfumeurs, à un prix plus juste et transparent, avec un discours plus direct. Nous sommes de grandes passionnées de parfums et sentions que les mouvements qui se passaient dans la mode et l’accessoire ne touchaient pas encore le parfum. Alors on a décidé de changer ça 😊 Et pour nous c’est aussi inventer une autre manière de faire vivre le parfum, en ré-enchantant notre rapport au sens olfactif, au-delà du produit lui-même ;

- le parfum n’était encore que très peu concerné par les engagements écologiques. Nous voulions en tant que consommatrices que nos parfums reflètent nos engagements quotidiens. Nous avons alors cherché le meilleur équilibre pour créer une marque avec une approche « consciente ».

Aujourd’hui, vous pouvez retrouver toute notre collection sur notre e-shop www.nolenca.com , lors de nos évènements (actu sur instagram ou notre site) ; et très bientôt dans des boutiques partenaires !
 

QUELLES ONT ÉTÉ LES PREMIÈRES ÉTAPES POUR FAIRE DÉCOLLER TON ACTIVITÉ ?

Nous n’en sommes encore qu’au tout début du décollage et attendons beaucoup des activités des prochains mois 😊
Pour être visible au maximum dès notre lancement, nous avions misé sur plusieurs axes, que nous aurions encore pu davantage appuyer, mais qui se sont tous révélé payants :


- créer un compte Instagram quelques mois avant le lancement officiel pour commencer à construire une communauté (compte qu’il a fallu animer bien sûr ce qui n’était pas toujours simple sans produits avant le lancement de la marque !) ;


- lancer notre podcast olfactif avant le lancement officiel, dans la même idée de commencer à produire du contenu ;


- s’entourer de bons partenaires qui ont été nos meilleurs ambassadeurs, et développer quelques collabs ;


- se faire accompagner par une responsable en influence digitale : nous avons décidé de mettre un peu de budget sur ce poste de visibilité. Ce n’est peut-être pas nécessaire dans toutes les activités, mais pour nous, c’était primordial et clairement la cerise sur le gâteau pour assurer un joli lancement ;


- organiser un vrai lancement avec pop-up, soirée et animations.

QUEL A ÉTÉ LE MOYEN LE PLUS EFFICACE POUR ATTIRER DES CLIENTS AU DÉBUT DE TON ACTIVITÉ ET QUELLES SONT TES ASTUCES POUR CONSTAMMENT EN ACQUÉRIR DE NOUVEAUX ? 

Nous avons encore peu de recul sur ces sujets, mais avons remarqué que l’organisation de rencontres et événements était un point crucial pour favoriser les rencontres et donc ainsi acquérir de nouveaux clients. Plus nous mettons en place des occasions originales de rencontrer notre communauté, plus nous avons une communauté de clients qui s’étend, et un réseau B to B qui suit la même tendance et qui peut lui-même aboutir à l’agrandissement de la base de clients.

QUELS ONT ÉTÉ TES PLUS GROS CHALLENGES À CE JOUR ?

Depuis que nous sommes dans cette aventure, il y a des challenges tous les jours ! Nous avons eu la chance de trouver des solutions pour tous jusqu’à présent, en gérant tout ce processus avec le plus de fluidité possible. 
En étant entrepreneur, et a fortiori, quand on fait du développement produit, il faut accepter que les choses se passent toujours un peu différemment que prévu, et c’est tout un art de faire avancer son business avec souplesse et ça me semble indispensable.
Notre plus gros challenge a sûrement été le problème initial que nous avons presque toutes : comment financer son idée ?

COMMENT AS-TU SURMONTÉ CES DÉFIS ?

Cela a été un long processus… Côté développement, il était essentiel de trouver les meilleurs partenaires possibles pour nous accompagner vu nos conditions financières versus l’exigence de qualité que nous avions. Nous avons pris du temps et beaucoup de soin à les choisir et cela a été déterminant. Ce sont des relations solides de confiance que nous avons créées et c’est vraiment le socle de notre activité. 
Ensuite, nous nous sommes beaucoup renseignées : livres, conférences, rendez-vous… Puis, le temps passant les choses se sont décantées, nous avons eu un peu de chance, beaucoup de soutien, et avons adapté notre stratégie à nos moyens 😊

La première étape, c’est de se faire confiance suffisamment pour se lancer et continuer de nourrir son activité d’énergie et d’enthousiasme. 

QU'EST-CE QUI TE PLAÎT DANS LE FAIT D'ÊTRE TON PROPRE PATRON ?

Me dire que je peux vraiment changer les choses. Je crois que c’était possible aussi avant, mais quand on est seul à bord, c’est plus évident et c’est surtout indispensable. C’est très excitant de se dire que nous construisions chaque jour quelque chose qui n’existait pas avant. Donc pourquoi suivre des chemins établis ?
Dans une organisation déjà créée, il est plus difficile parfois d’inventer de nouvelles manières de faire, on se sent pris dans des schémas existants, peu flexibles. Ce qui déteint même sur notre vie personnelle d’ailleurs. Aujourd’hui, j’ai le sentiment d’être plus en contrôle de ma vie, car nous l’inventons tous les jours. Si nous ne décidons pas de ce que nous ferons les prochains mois chez Nolença, personne ne le fera, et rien n’est écrit d’avance sur ce qu’il faut faire ou non. C’est un sentiment de grande liberté qui parfois donne un peu le vertige, mais que je trouve incroyable, et qui me donne aussi beaucoup d’énergie dans ma vie personnelle. 

QUELS CONSEILS DONNERAIS-TU À D'AUTRES FEMMES ENTREPRENEURS ?

On s’écrit beaucoup avec Laurie dans la journée et souvent pour s’envoyer des mots d’amour et d’encouragement. Laurie est basée à Bruxelles et moi à Paris, ce qui apporte son lot de complexité, mais nous a aussi permis de mettre en place des systèmes de prises de décisions plus tôt que ce que nous l’aurions fait naturellement.
Ce qu’on s’écrit le plus en ce moment, c’est : Gogogogogogogogogogogo (il peut y en avoir plus ou moins 😉)
Alors je dirai ça à toutes les femmes entrepreneurs : Gogogogogo !
La première étape, c’est de se faire confiance suffisamment pour se lancer et continuer de nourrir son activité d’énergie et d’enthousiasme. 

Dans la petite expérience que nous avons, je crois ensuite que le meilleur des conseils, c’est de savoir bien s’entourer. Je l’ai souvent lu dans des interviews et cela s’avère très vrai aussi pour nous. On ne fait pas seule, je crois que derrière les plus belles réussites, il y a un tissu de chouettes relations humaines très solides.


COMMENT GARDES-TU TA MOTIVATION PENDANT LES MOMENTS DIFFICILES ?

Personnellement j’essaie de faire du yoga, car ça me fait beaucoup de bien physiquement pour apprendre à mettre de la distance entre les événements et mes émotions.
Mais très concrètement au quotidien, c’est en s’envoyant des bêtises et des petits cœurs avec Laurie, par Whatsapp. Il y a rarement de jour passé sans une bonne crise de rire à s’envoyer des blagues sur nos petits challenges du quotidien. 

QUELLES SONT LES CLÉS DE LA RÉUSSITE SELON TOI ?

Je crois que je reviendrai pour répondre à cette question quand Nolença sera arrivée où nous voulons l’amener !
Avec ce que nous avons vécu ces derniers mois, je pense à deux choses qui me semblent essentielles aujourd’hui : 


- avoir un enthousiasme débordant : c’est une formule que j’ai entendue de Carole Juge-Llewellyn de Joone, et c’est vrai qu’il faut une énergie positive de tous les instants pour avancer. Se dire « j’y vais car ça va marcher », sans se laisser contaminer par le doute. Et cette énergie positive de création il faut l’insuffler dans toutes ses relations.


- ré-évaluer constamment et être très flexible, toujours penser à ce qu’on peut faire mieux, autrement, récupérer tous les signaux faibles qui peuvent nous donner une idée. Se dire qu’on est toujours qu’au début du chemin et tester plein de choses.

Quand un gros imprévu arrive…


je respire, j’essaie d’en rire et je m’attelle à trouver la solution. Je me dis toujours que si je me sens coincée c’est que je ne regarde pas au bon endroit, il y a toujours une solution et parfois c’est pour le mieux.
 
Ma plus grosse peur en tant que businesswoman est…


de ne pas réussir à construire une société rentable.
 
La chose la plus courageuse que j’ai faite est…


surement me lancer dans cette aventure !
 
À 50 ans, si je pouvais revenir à l’époque de mes 20 ans, je me dirais…


tu as toute la ressource interne pour dessiner la vie que tu veux, pas besoin de suivre un chemin bien pavé, sois libre et amuse-toi à construire les projets qui t’animent !
 
La plus grosse leçon que j’ai apprise grâce à l’entrepreneuriat est…


la patience et la résilience. 

Mon dicton préféré est…

"Le hasard ne sourit qu’aux esprits bien préparés" que me répétait tout le temps mon papa petite. C’est tout l’équilibre délicat que je trouve très vrai dans l’entreprenariat. Être capable d’anticiper et de préparer, mais d’être flexible et attentif pour savoir voir les opportunités quand elles arrivent.

x Anaïs x

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