ISABELLE THILLOY-LELEU

LADY NANNY MARIAGES & EVENTS

QUELLES SONT LES RAISONS QUI T'ONT POUSSÉ À DÉMARRER TON ENTREPRISE ?

Des raisons, des envies et un grand « pourquoi pas moi après tout ? » ont été à l’origine de la création de ma petite entreprise.
Des raisons de parcours professionnel : une entreprise qui ferme. Les questions (déjà vécues par le passé) du « et maintenant je me relance dans la recherche d’un nouveau poste, ailleurs ou bien je me lance enfin ? ».
Des raisons de cœur : je n’ai plus 20 ans et les rêves mis de côté jusque-là pour rester dans un parcours professionnel « classique » ne pouvaient plus attendre.
On dit de moi que j’ai un Curriculum Vitae « coloré ». Et c’est vrai, car des envies et des passions j’en ai toujours eu plein. Je suis toujours en éveil. Prête à faire de nouvelles découvertes et les tester, m’y engager si elles me font vibrer.
Après des études supérieures en Histoire de l'Art, Marché de l'Art et communication. Après un diplôme « Petite Enfance » (si si…).
Plusieurs années passées dans de grandes galeries d’Art parisiennes et plusieurs autres dans de grandes entreprises au sein de Directions du Marketing et de la Communication... je me suis dit qu'il était temps !

Temps pour moi de laisser parler cette petite voix intérieure qui me criait de laisser libre cours à mon intime envie.
J’ai toujours apprécié les jolies choses. Avec des goûts hétéroclites et des envies variées.
Avec la création de LADY NANNY Mariages et LADY NANNY Events, le challenge professionnel et personnel était lancé.
Portée par mon désir de partager avec toutes et tous mon univers intérieur, je ne recule devant rien (ou presque) au quotidien !!

PARLE-NOUS DE TON ENTREPRISE :

LADY NANNY Mariages et Events est une petite entreprise à cœur ouvert.
Avec plus d'un tour dans mon sac et des idées qui fourmillent et en débordent depuis toujours, je mets toute ma créativité et mon imagination au service des futurs mariés et de toutes les personnes qui rêvent d’un moment d’exception à leur image.
Je fouine, je farfouille, on me dit souvent : « tu farfouines ». Et oui, c’est un peu ça mon quotidien !
Je suis une « créative » cérébrale. En ébullition quotidienne, je passe mon temps à collecter les jolies choses, les jolies idées, pour avoir l’opportunité ensuite de leur donner vie au cours d’un événement pour lequel on me sollicite.
Je suis décoratrice-créatrice sur-mesure et très souvent aussi organisatrice et coordinatrice d’événements.
J’ai la chance de compter sur des prestataires qui ont la même vision des choses que moi et qui partagent les mêmes valeurs humaines, celles qui me tiennent à cœur d’offrir à mes clients.
Nous partageons chacun une passion, nous la mettons en commun, le tout dans un esprit de partage et de solidarité. Le « sur-mesure », le vrai : voilà ce que j’ai la prétention, mais surtout à cœur de montrer, donner aux personnes que je rencontre ou pour lesquelles je travaille.
Internet est une source d’inspiration sans limite pour les futurs mariés par exemple qui y glanent des idées en lien avec le thème qu’ils ont choisi pour leur D-Day. Je prends en considération leurs notes décoratives, mais nous travaillons ensuite ensemble sur l’idée de « l’unique », sur ce qui fera de leur « décoration » une décoration « unique ». Il en est de même pour LADY NANNY Events et toutes les prestations d’exception à imaginer puis concrétiser.
C’est ça, je crois, MA différence. Rester fidèle à mon envie première : « vous M’êtes uniques » !

QUELLES ONT ÉTÉ LES PREMIÈRES ÉTAPES POUR FAIRE DÉCOLLER TON ACTIVITÉ ?

QUEL A ÉTÉ LE MOYEN LE PLUS EFFICACE POUR ATTIRER DES CLIENTS AU DÉBUT DE TON ACTIVITÉ ET QUELLES SONT TES ASTUCES POUR CONSTAMMENT EN ACQUÉRIR DE NOUVEAUX ? 

Le « réseautage privé » bien entendu. Ma famille, les amis, les copines des amis, les copines des copines des amis.
Le bouche à oreille ensuite. Un événement a lieu. Des personnes que l’on ne connaît pas y participent.
Elles sont conquises, bluffées par ce qu’elles ont vu, vécu. Elles s’engagent ou cooptent votre petite entreprise avec force conviction et générosité.
Et puis il y a le : « j’ose ». On croit tout d’abord que l’on ne saura pas, que l’on ne pourra pas parce que l’on sort de nulle part et que l’on n’est pas connue, que l’on n’a pas toute la batterie de communication nécessaire à portée de main ou de portefeuille.
Alors on se rappelle pourquoi l’on se bat : SON entreprise, SON bébé.
On se rappelle qu’il n’y a rien à perdre, mais tout à y gagner. Et l’on s’aperçoit qu’avec beaucoup de patience, de transparence et d’honnêteté, on vous accorde la clé de la confiance.
Il faut savoir accepter aussi de travailler pour « rien » dans le sens strictement financier. Votre entourage s’étonne de vous voir travailler autant pour un événement qui ne sera pas rémunérateur. Mais vous savez que vous avez fait un autre pari : celui de la reconnaissance à posteriori.
En tout état de cause. Après avoir pesé le pour et le contre de ce nouveau challenge bien entendu, vous capitalisez sur « l’effet boule de neige ».
Cela m’a été favorable en tout cas et cela m’a permis de pousser certaines portes ou que l’on m’en ouvre de nouvelles.
Trouver de nouveaux clients, surtout quand on est dans l’événementiel à connotation « événement unique », est un challenge permanent. La fidélisation n’est pas quelque chose sur laquelle nous pouvons réellement compter. Les anciens « futurs mariés » nous coopteront auprès de leurs connaissances, mais cela ne suffira pas à combler notre planning de la saison à venir. Il y a les salons spécialisés, les rendez-vous entre professionnels de l’événementiel, les réseaux sociaux incontournables, les blogs spécialisés… et le réseau privé, toujours le réseau. 

QUELS ONT ÉTÉ TES PLUS GROS CHALLENGES À CE JOUR ?

Il s’agit pour le coup d’un événement très récent. J’ai dû réaliser et coordonner un mariage avec 220

invités : le jour de la « journée sans voiture à Paris », dans un lieu de culte au sein duquel se déroulait le matin une commémoration avec 3000 officiels politiques et religieux et une messe commémorative imprévue le soir même avec autant de personnes invitées. Le tout en apprenant à 14h00 que toutes les salles prévues pour accueillir (quelques 4 heures plus tard) les mariés et leurs 220 invités, n’étaient plus disponibles et qu’elles étaient remplacées par une seule et même salle contenant 110 invités maximum….
Je vous rassure, le mariage a eu lieu et mes mariés ainsi que leurs invités ont passé une excellente soirée. Moi, il m’a fallu, il faut bien l’avouer, une petite semaine pour me remettre de ce BIG challenge imprévu...

 

COMMENT AS-TU SURMONTÉ CES DÉFIS ?

Avec sang-froid avant tout. Puis avec recul. Et enfin avec toute l’énergie nécessaire à déployer dans ces moments-là. Vous savez, cette boule d’énergie qui vous dit : « c’est dément, mais là il n’y a pas le choix » ! Cette conviction que vous allez y arriver. Celle, incroyable, qui vous accompagne quand la situation semble inextricable, mais pas encore désespérée. L’adrénaline du moment à gérer en quelque sorte. Celle qui vous pousse à encore une fois vous dépasser et accomplir des choses jusque-là inexplorées.

Je pars du principe qu’il faut avancer. Parfois faire de grands pas et puis d’autres, plus petits

QU'EST-CE QUI TE PLAÎT DANS LE FAIT D'ÊTRE TON PROPRE PATRON ?

Je ne retire pas de prétention à être mon propre patron. Je vis ça surtout comme une nouvelle aventure, une nouvelle page de ma vie professionnelle et personnelle. Je retire bien évidemment une grande satisfaction personnelle d’avoir pu créer mon entreprise et un certain confort d’ordre privé par exemple. Gérer les imprévus avec mes enfants, être là plus souvent, ne plus passer 3 heures dans les transports en commun par exemple. Mais la vie d’entrepreneur, c’est aussi entrer dans une autre dimension. Il n’y a pas de semaine, ni de week-end. Pas de soirées préprogrammées. Il faut être sur tous les fronts et savoir revêtir plusieurs costumes à la fois, tout en veillant à la frontière entre le professionnel et le privé. C’est une liberté à conditions dirais-je pour simplifier les choses. A fortiori lorsque l’on est maman. J’entends régulièrement ma plus petite dire : « Ma maman c’est LADY NANNY. Elle a son entreprise et elle fait tout. Elle travaille beaucoup, mais elle est quand même en vacances puisqu’elle travaille à la maison… ».

QUELS CONSEILS DONNERAIS-TU À D'AUTRES FEMMES ENTREPRENEURS ?

Prenez soin de discuter avec votre moitié (si vous êtes en couple) de votre future entreprise.
C’est VOTRE challenge, vous devez l’accomplir, mais il faut avoir conscience que c’est aussi un projet de vie. Il est important de « garder la main » sur votre projet, de le défendre et d’en expliquer l’aventure. Car il va engager tout votre entourage à des degrés d’implication différents.
C’est normal, c’est logique et autant y travailler en amont en associant vos plus proches à la mise en place de la nouveauté. Ils sauront garder leurs distances quant à la gestion de ce nouveau bébé. Ils sauront vous secouer dans les moments de doute. Ils sauront vous féliciter pour le travail accompli ou bien vous renvoyer à votre bureau si vous pouvez mieux faire.
Faites-en vos meilleurs alliés et vos plus grands fans, vous en aurez toujours besoin et ce au quotidien.


COMMENT GARDES-TU TA MOTIVATION PENDANT LES MOMENTS DIFFICILES ?

Je n’ai pas de recette miracle. Je pars du principe qu’il faut avancer. Parfois faire de grands pas et puis d’autres, plus petits. Que pour toutes ces fois où le téléphone se refuse de sonner, il faut occuper ce temps à faire tout ce que l’on se plaint de ne pouvoir avoir le temps de faire quand notre agenda déborde.

QUELLES SONT LES CLÉS DE LA RÉUSSITE SELON TOI ?

Dépasser certaines de ses peurs. De l’engagement, de la motivation, de la volonté, de la patience, de la persévérance, de l’humilité, de la transparence, de l’honnêteté, du partage, de la solidarité.
Un juste mélange de tous ces ingrédients je pense.

Quand un gros imprévu arrive je ...


Je stresse… un bon coup… et puis je RESPIRE à fond. Je raisonne (toujours et encore) et je fouille dans ma boîte à outils, au sens propre et au sens figuré ! Et puis je retourne la situation. Je fais mieux. Je ne fais pas de compromis, car seul le meilleur, le plus juste, doit être accompli. Je relance à bloc la machine à créer et je fonce.
 
Ma plus grosse peur en tant que businesswoman est ...


Comme pour chacune d’entre nous je pense : le silence et le renoncement par voie de conséquence. Le silence du téléphone, des mails, des réseaux, des clients. Ne plus être sollicitée et devoir renoncer à ce projet, cette entreprise pour laquelle on a tant œuvré.
Ne pas pouvoir porter plus longtemps ce rêve devenu réalité, car financièrement plus rien ne va et que cela déteint sur notre vie privée, que la pesanteur devient trop lourde à gérer.
 
La chose la plus courageuse que j’ai faite est ...


Me lancer. Seule. Me dire que j’en étais capable et croire. Croire que l’on peut se mettre à découvert (au propre comme au figuré…) et trouver la force de convaincre. Les siens d’abord. Les autres ensuite. Cesser de chercher QUI fait mieux, a plus de notoriété ou de followers. Et croire en ce que l’on fait. Le temps est à la fois l’ennemi et l’ami de l’entrepreneur. On n’en a jamais assez devant soi, mais on doit accepter l’idée que c’est en laissant le temps au temps que les fondations se solidifient.
 
À 50 ans, si je pouvais revenir à l’époque de mes 20 ans, je me dirais ...


Ayant seulement 44 ans :-) je préférerai que la question soit plutôt posée en ces termes si vous le voulez bien : si j’avais 20 ans aujourd’hui, je me dirais…
« N’attends pas trop longtemps, mais prends quand même le temps de savoir qui tu es et où tu veux aller. Ne laisse pas le quotidien de la vie te détourner de tes envies. Crois en tes compétences et ton expérience. Donne le meilleur de ce que tu as, de ce que tu es, sans triche ni artifice et fonce !! ». C’est notamment une philosophie de vie que je transmets à mes deux filles depuis qu’elles sont toutes petites.
 
La plus grosse leçon que j’ai apprise grâce à l’entrepreneuriat est ...


Qu’il n’y a pas d’âge pour relever les défis. Qu’il faut dépasser ses craintes et avoir foi en ses désirs d’aventure. Que le chemin est long entre la page blanche, la concrétisation de ses envies et l’aspect qu’elles vont finalement revêtir. Que la première mouture ne sera pas la dernière, car une entreprise évolue au fil de nos demandes et de la manière dont notre activité est perçue par les autres.
Qu’il n’est pas simple d’être seule au gouvernail et que s’ouvrir aux autres afin de partager nos expériences et savoir-faire est important, voire salutaire parfois.
Enfin, que NOUS sommes NOTRE entreprise et qu’offrir honnêteté et transparence n’a rien de désuet, mais plutôt un gage de valeur sur l’avenir.
 
Mon dicton préféré est ... 


J’en ai plus d’un à mon actif et qui accompagnent ma vie. J’en choisirai deux d’entre eux pour vous répondre aujourd’hui. Le premier est emprunté à Ursula K. LE GUIN, romancière et auteure américaine : "Un adulte créatif est un enfant qui a survécu".
Le deuxième va un peu dans le même sens, mais ne fait pas seulement trait à la créativité.
Il renforce pour moi l’idée que bien que la conjoncture sociale et économique ne soit pas florissante. Que bien que le challenge de l’entrepreneuriat puisse sembler un pari un peu fou dans ce contexte :
"Heureux sont les esprits fêlés, car ils laissent passer la lumière".

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