CLÉMENCE PARTOUCHE-CEYRAC

BECOME COACHING

QUELLES SONT LES RAISONS QUI T'ONT POUSSÉ À DÉMARRER TON ENTREPRISE ?

Je m'étais formée au coaching depuis 4 ans et je le pratiquais un peu en interne au sein de mon entreprise en parallèle de mon job de responsable RH.
C'était dans ces moments-là que je me sentais enfin à ma place et j'avais vraiment à coeur de mettre le coaching au centre de mon activité.
Quand je suis partie en congé maternité, je me suis dit que c'était le bon moment pour tenter l'aventure, mais je ne m'imaginais pas travailler dans un cabinet.
C'était vraiment important pour moi de créer ma propre structure malgré les risques, de travailler comme je le souhaitais, de créer une entreprise qui me convienne et me ressemble à 100%.
J'avais toujours eu cette quête de trouver ma place professionnelle.
J'avais réussi à identifier le QUOI : du coaching, et je me suis rendu compte que pour moi le COMMENT était tout aussi important et malgré beaucoup de mises en garde de l'extérieur, et des peurs de ne pas savoir faire, je me suis lancée.
J'ai réalisé que je risquais beaucoup plus à rester dans mon quotidien où je dépérissais que d'essayer de me lancer à mon compte. Finalement, dans le pire des cas, je pourrai toujours retourner vers un job salarié et faire valoir mes 10 années d'expérience en RH.

PARLE-NOUS DE TON ENTREPRISE :

J'ai créé un cabinet de coaching professionnel et de formation que j'ai appelé BECOME.
Je souhaitais un nom qui me permette de mettre en avant le principe clé de ma démarche : enlever les couches qui recouvrent le vrai "soi" des personnes, aller chercher ensemble qui elles sont vraiment, ce qui leur convient profondément, comment elles s'épanouissent en dehors des injonctions sociétales, professionnelles ou familiales.
J'accompagne aujourd'hui des femmes et des hommes qui arrivent à un carrefour professionnel :
- soit ils sont dans le brouillard complet, ne savent plus qui ils sont ce qu'ils veulent et ont besoin d'un coup de pouce pour identifier la suite de leur carrière pour que leur job soit plus en phase avec la personne qu'ils sont réellement, pas celles qu'ils pensent devoir être ;
- soit ils sont plus ou moins au bon endroit, mais ont besoin d'un ajustement pour dépasser leurs peurs, développer des compétences, mieux s'appuyer sur leurs talents pour vraiment prendre toute la dimension de leur poste et se sentir plus épanouis dans leur quotidien
Je propose également des formations et des ateliers.
Un de mes sujets de prédilection, est l'accompagnement de la parentalité et comment intégrer ce paramètre dans sa carrière.

QUELLES ONT ÉTÉ LES PREMIÈRES ÉTAPES POUR FAIRE DÉCOLLER TON ACTIVITÉ ?

J'ai eu beaucoup de mal au démarrage, car je faisais un réel blocage sur le commercial : "je ne sais pas faire", " ce n'est pas pour moi", teinté de "c'est mal le commercial" ! ;)
Cela a fonctionné par bouche-à-oreille, par des connaissances.
Je me suis rendu compte au fil des années, que les démarches de communication ou commerciales que je faisais le mieux et les plus efficaces, étaient celles qui ne me demandaient pas d'énergie : déjeuner avec des connaissances professionnelles, garder le lien avec d'anciens collègues.
J'ai aussi fait du bénévolat pour une association qui accompagne des cadres en reconversion et cela ne m'a pas apporté des clients directement, mais cela m'a permis d'être active, d'avoir un impact positif et de prendre confiance en moi.

QUEL A ÉTÉ LE MOYEN LE PLUS EFFICACE POUR ATTIRER DES CLIENTS AU DÉBUT DE TON ACTIVITÉ ET QUELLES SONT TES ASTUCES POUR CONSTAMMENT EN ACQUÉRIR DE NOUVEAUX ? 

C'est vraiment un sujet complexe pour moi. Je crois être toujours en apprentissage là-dessus, car justement, j'ai mis du temps à accepter que comme pour le reste je devais trouver les moyens, manières qui me convenaient vraiment et pas les soi-disant recettes magiques qui marcheraient pour tout le monde. Je ne suis donc pas dans des manières classiques de faire, mais je ne cherche pas non plus à monter une licorne ! ;)
Donc je déjeune avec des personnes que j'apprécie, je participe à différents réseaux comme EntreprenHer, je contacte des personnes qui m'inspirent ou m'intéressent, j'écris des articles de blog et je tiens une newsletter.


Pour en acquérir de nouveaux, j'essaie de me renouveler : par exemple, j'ai démarré récemment un podcast intitulé "C'est quoi ton job?" sur les métiers.
Cela ne m'apportera pas nécessairement directement de nouveaux clients, mais nous verrons.
Je suis en contact avec d'autres coachs, j'essaie d'aider à ma manière sans attendre de renvoi d'ascenseur, mais cela m'arrive.

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QUELS ONT ÉTÉ TES PLUS GROS CHALLENGES AU LANCEMENT ?

- Être seule. J'ai dû tout faire moi-même sur des domaines qui m'étaient complètement étrangers et me rendre compte que l'intelligence collective, naturellement présente en entreprise, me manquait.
Je ne pouvais plus solliciter un avis externe comme ça et là, je devais prendre des décisions impactantes pour mon entreprise, le logo, le nom, des communications etc. J'essayais de solliciter mon conjoint ou mes ami.es, mais cela avait ses limites.

- Ne pas me mettre dans une posture de salariée de ma propre entreprise.
- Comprendre que je pouvais organiser ma journée comme je le souhaitais et pas suivre des heures de bureau. J'étais formatée par 10 années de salariat et je reproduisais certains travers : commencer par lire mes mails, vouloir très bien faire les choses, ne pas prendre du recul et du temps pour définir ma stratégie, laisser mon emploi du temps être dicté par des personnes extérieures.
Globalement passer de la réactivité à la proactivité.

COMMENT AS-TU SURMONTÉ CES DÉFIS ?

En palliant ma solitude par ma participation à des associations, réseaux différents pour rencontrer du monde, partager mes doutes, mes questions avec d'autres entrepreneur.e.s, mais également en m'entourant, je n'avais pas envie de m'associer, mais je me suis rapprochée d'autres coachs pour échanger sur nos manières de fonctionner et parfois travailler ensemble sur une mission.

Pour le côté salarié, j'ai réussi à le dépasser en me faisant accompagner, en suivant des formations et en lisant des livres d'entrepreneuriat.

 Ne vous mettez pas une pression inutile, plus contre productive qu'efficace

DANS CETTE PÉRIODE TRÈS DIFFICILE ET INCERTAINE (COVID-19), COMMENT GARDES-TU LA FOI EN TES PROJETS ?

Je me raccroche à ce que j'aime faire dans mon job : les séances de coaching et j'essaie de reprendre l'écriture et les newsletters que j'avais mises de côté par manque de temps.
Je suis aussi dans une démarche de partage en proposant à mes anciens clients de les accompagner sur un flash coaching bénévolement, ou aux soignants de leur entourage.
Et globalement, je savoure le fait que mes proches soient en bonne santé jusqu'à présent, et j'essaie de me rappeler de faire preuve de gratitude et de regarder ce qui va bien. Ce n'est pas nécessairement facile pour moi. Je peux avoir tendance à regarder les aspects négatifs, mais j'essaie de ne pas boucler inutilement.
Et je m'écoute : j'ai vécu un deuil en début d'année et suite à cela tout ce qui concernait le développement de mon business, que j'adore pourtant, me paraissait assez futile.
Juste avant le confinement, j'avais remarqué que l'intérêt et l'envie commençaient à pointer à nouveau le bout de leur nez.
Je suis donc à l'écoute de mon inspiration, de mes envies de nouveaux projets, de l'émergence de nouvelles idées et je sais l'apprécier d'autant plus que je sais que cela peut évoluer.

COMMENT OCCUPES-TU TES JOURNÉES EN CETTE SAISON ?

Mon mari est en télétravail et a beaucoup de boulot, de mon côté, mon activité n'est pas à l'arrêt, mais je gère au plus serré. C'est donc moi qui gère nos enfants de 4 et 7 ans.
Pour mon activité, je continue juste les coachings individuels via maximum une séance de 2h par jour et j'inclus mes temps de supervision, de thérapie.

Au quotidien, je démarre par mes pages du matin (exercice du livre sur la créativité de Julia Cameron) que j'avais démarrées en décembre. Cela me pose et me fait du bien, je les fais dans mon lit avant de me lever.
Le matin, je m'occupe de mes 2 enfants de 4 et 7 ans : classe, jeux. L'organisation est loin d'être idéale encore, mais on trouve peu à peu nos marques et j'ai fait taire mon côté bon élève et perfectionniste pour m'accorder plus de souplesse et moins me stresser inutilement et donc être moins relou pour mes enfants ! :)
L'après-midi, j'ai la plupart des jours, une séance de coaching qui dure entre 1h30 et 2h. Pendant ce temps, mes enfants regardent un dessin animé puis jouent à côté de leur père.
Quand la journée de travail de mon mari se termine, il prend le relais avec les enfants et je réponds à quelques mails ou avance sur des demandes. Cela m'arrive aussi de le faire pendant la journée, mais très ponctuellement quand mes enfants jouent ensemble tranquillement, ce qui n'arrive pas tous les jours !

Je suis en train de mieux caler mes temps de travail.
J'ai essayé de le faire le matin de 7 à 8h avant le petit-déjeuner des enfants, mais ce n'est pas encore une réussite.

QUELS CONSEILS DONNERAIS-TU À D'AUTRES FEMMES ENTREPRENEURS ?

De ne pas se mettre une pression inutile plus contre productive qu'efficace, que ce soit dans leur rôle de parent-maitre.sse ou dans leur rôle de chef d'entreprise. La situation est inédite, complexe, à la fois porteuse d'anxiété et d'envie de changement, voire de magnifiques élans de solidarité.

De se concentrer sur le positif et ce qui leur fait du bien, de ce qui les met en énergie.

De continuer à se fier à leur intuition.

COMMENT GARDES-TU TA MOTIVATION FACE AUX MOMENTS DIFFICILES ?

Je ne l'ai pas toujours gardé. Sans même parler du deuil d'un proche que j'évoquais plus haut, j'ai connu, il y a un peu plus d'un an, une démotivation surprenante pour moi alors que j'avais l'impression de toujours faire le job dont je rêvais. J'en parle dans cet article de blog.
J'en suis sortie en m'écoutant, en me concentrant sur ce qui me plaisait même en dehors de mon business, sur tout ce qui m'apportait du plaisir, de la motivation et cela a fini par rejaillir dans mon quotidien d'entrepreneur.

QUELLES SONT LES CLÉS DE LA RÉUSSITE SELON TOI ?

La réussite pour moi, c'est me sentir épanouie professionnellement et personnellement.
C'est réussir à faire des choses qui ont un impact positif pour les gens.
La réussite d'une activité, c'est de me sentir à ma place dans mon job tout en me permettant de vivre pleinement les moments avec ma famille.

Quand un gros imprévu arrive, je…

 

souffle et essaie de prendre du recul. Si besoin je demande conseille à d'autres indépendants, ma superviseure ou encore ma thérapeute ou mon conjoint.
 
Ma plus grosse peur en tant que businesswoman est…


de devoir revenir au salariat.
 
La chose la plus courageuse que j’ai faite est…


de m'autoriser à me lancer à mon compte.
 
À 50 ans, si je pouvais revenir à l’époque de mes 20 ans, je me dirais…


ne te stresse pas trop, apprends de chaque situation même si cela ne te paraît pas favorable, tu finiras par trouver le job qui est fait pour toi.
 
La plus grosse leçon que j’ai apprise grâce à l’entrepreneuriat est…


de me faire confiance et d'(essayer de) lâcher prise.

Mon dicton préféré est…

de ne pas en avoir ! ;)

x Clémence x